L’interview de Mathilde Regnaud
Je suis ancienne élève de l’École nationale des chartes, historienne de formation, puis j’ai été conservatrice de bibliothèque, notamment à la bibliothèque de Belfort. J’ai aussi enseigné l'histoire-géographie et j’ai été attachée parlementaire jusqu’à l’été dernier. J’ai toujours été impliquée dans les milieux culturels : en tant qu'actrice culturelle, en tant que militante et élue, et surtout dans le public. Arriver dans un projet de recherche sur les industries culturelles et créatives, c’est la suite quasiment logique de mon parcours parce que je peux me nourrir de mes expériences précédentes pour être pertinente.
Que fais-tu dans DEDALE ?
Actuellement, je suis ingénieure d’étude au CNRS en analyse des sources historiques et culturelles, au sein de THALIM (UMR 7172). Concrètement, je recense les alternatives culturelles, notamment sur des questions de ruralité, plus particulièrement sur le Nord Franche-Comté. Je vais à la rencontre des acteurs et actrices culturels sur le territoire, mais aussi des artistes. Ça permet de faire un état des lieux et de constater la richesse et la diversité du tissu culturel de ce territoire, ainsi que de voir ce qui relève de ses problématiques spécifiques ou de ce qui est partagé avec d'autres régions.
Quel a été l'enjeu de la première journée DEDALE ?
Le principal enjeu de cette journée, intitulée Cultiver les alternatives pour accélérer les industries culturelles et créatives en Nord Franche-Comté, qui s'est tenue le 26 avril à l’Odyssée du Cirque (Échenans-sous-Mont-Vaudois), a été de susciter la rencontre, et de le faire loin des grandes villes. L’une des grandes missions du PEPR ICCARE, c’est en effet de faire se rencontrer les communautés de chercheurs, les professionnels des industries culturelles et créatives et le public au sens large, tout ça pour faire de la recherche autrement. Cette rencontre présente donc un double intérêt et va permettre de faire émerger des questionnements originaux.
Quel a été ton rôle ?
J’ai été présente sur tout l’aspect scientifique et organisationnel car c’est un territoire que je connais très bien. J’ai établi la programmation avec l’équipe du projet DEDALE, évidemment, mais c’est moi qui ai animé toutes les tables rondes.
Quelles attentes as-tu concernant cette journée ?
J’aimerais qu’on arrive à décloisonner un peu le secteur de la culture. Étant donné que l’objectif est de créer une discussion commune entre toutes les parties prenantes, c’était important d’apporter de la diversité en allant chercher des intervenants hors du milieu de la recherche comme des artistes, des acteurs et actrices culturels, mais aussi des politiques… le tout face à un public citoyen. Je souhaite vraiment qu’on arrive à créer des connexions, que ça permette à tout le monde de réfléchir autrement, et pourquoi pas même trouver des solutions, s’inspirer, etc. J’espère que ça va enrichir durablement les pratiques des uns et des autres.