Quartiers populaires, industries culturelles et démocratisation de la créativité

Journées d'accélération

07.05.2025 – 07.05.2025

start 8:30

Rennes, Le Tambour, Université Rennes 2

La première journée d’accélération du projet EUPRAXIE a eu lieu le 7 mai 2025 dans la salle du Tambour, en plein coeur du quartier populaire de Villejean, sur le campus de l’université Rennes 2. Le choix de ce lieu n’avait rien d’anodin : il s’agissait de permettre à cette rencontre, au programme tout à fait exceptionnel, d'avoir lieu dans un espace culturel ancré localement, à la croisée de l’université et du quartier, pour rendre tangible le lien entre enjeux de recherche, dynamiques culturelles territoriales et participation des habitants.

La journée avait pour objectif de faire dialoguer des chercheurs et chercheuses avec des artistes, producteurs, réalisateurs, responsables éditoriaux et associatifs directement engagés dans les dynamiques culturelles issues ou tournées vers les quartiers populaires. Rythmée par quatre tables rondes et ponctuée de performances artistiques incarnant les sujets discutés, cette journée s’adressait à un public large. Les thématiques abordées — du hip-hop au cinéma (professionnel et amateur), en passant par les séries télévisées ou les ateliers d’écriture — visaient à mettre en lumière une grande diversité de pratiques et de savoir-faire encore trop peu visibles dans les circuits de reconnaissance institutionnelle. Le choix avait été fait de donner une place centrale aux intervenants issus « du terrain », non pour opposer leurs paroles à celles de la recherche, mais pour souligner les attentes réciproques et les articulations possibles entre différents mondes sociaux. À ce titre, les prises de parole de Djigui Diarra et Abdel Yassine ont fortement résonné. Le premier a insisté

sur l’importance de porter un regard précis, informé, voire rigoureux, sur les productions culturelles qui prennent pour objet les quartiers populaires. Il a souligné la nécessité que ces productions soient accompagnées d’un travail réflexif, nourri par une connaissance fine du terrain, afin d’éviter les effets de caricature ou de surplomb. Dans un registre complémentaire, Abdel Yassine a mis en avant une exigence éthique : celle de reconnaître et de rétribuer justement les habitants lorsqu’ils participent à des oeuvres culturelles, posant ainsi la question des cadres de collaboration respectueux dans les projets artistiques ou audiovisuels liés aux quartiers populaires. De même, les associations 808 Bloom et Biopic Record, qui animent un réseau d’artistes à Rennes, ont fait part du besoin de faire vivre, en relation avec l’industrie culturelle, des dynamiques ancrées sur les territoires et faisant reconnaître leur spécificité — à l’image de ce qu’a défendu également Narjes Bahhar, responsable éditoriale Rap et R&B chez Deezer. L’artiste Solo, membre fondateur du groupe Assassin, était l’invité exceptionnel de cette journée. Il a livré un témoignage fort sur son parcours de pionnier du rap français, mais aussi sur les enjeux de transmission intergénérationnelle et les tensions que cela peut impliquer aujourd’hui, dans un paysage culturel profondément transformé. Ces échanges ont nourri une réflexion plus large sur les conditions concrètes d’existence des initiatives culturelles issues des territoires populaires. Comment ces dynamiques peuvent-elles trouver des modes de financement compatibles avec leurs valeurs et leurs ancrages ? Entre ressources publiques, partenariats privés et formes d’autonomie, les choix sont souvent complexes, traversés par des tensions entre reconnaissance, indépendance et inscription locale.

C’est dans cet espace de discussion à la fois exigeant et pluriel que s’inscrit le projet EUPRAXIE. En favorisant des échanges directs entre chercheurs, artistes et collectifs ancrés dans les quartiers populaires, la journée du 7 mai a ainsi permis de poser les bases d’un dialogue fécond sur les modalités concrètes d’une démocratisation de la créativité — à la fois inclusive, critique et porteuse de nouvelles formes de légitimité.

Avec BAPTISTE BRUN (U. Rennes 2), JÉRÔME ENEAU (U. Rennes 2), SOLVEIG SERRE (CNRS), SANDRA LAUGIER (U. Paris 1 Panthéon-Sorbonne), SAMI ZEGNANI (U. Paris 8) et ULYSSE RABATÉ (U. Rennes 1)
MOTS D'OUVERTURE
Animé par EMMANUEL PARENT (U. Rennes 2) Avec ÉRIC GOUZANNET (Cinéma Arvor), MICHEL DJIWONOU (metteur en scène), AUDREY ANDRIANASOLOMANANA (Biopic Record) et NARJES BAHHAR (Deezer)
LES QUARTIERS POPULAIRES ET LES ICC : ENTRE RECONNAISSANCE ET TENSIONS
Animé par EMMANUELLE CARINOS (U. Paris 8) Avec LÉA BRUNET (Cinémathèque Idéale des Banlieues du Monde), DJIGUI DIARRA (réalisateur) et ABDEL YASSINE (réalisateur et acteur associatif)
SÉRIES, CINÉMA : LES QUARTIER COMME LIEU DE CIRCULATION DYNAMIQUE DES CULTURES POPULAIRES
Avec 04 et Odoneila
INTERMÈDE MUSICAL
Animé par BAPTISTE PILO (CNRS) Avec SOLO (artiste hip-hop et acteur), JAOUENN RAFFRAY (808 Bloom), OUAFA MAMECHE (Éditrice Faces cachées), AMÉLIE BILLAULT (Making Waves) et GRICE (activiste hip hop_média))
ÉCRITURES ET RÉCITS : CRÉATIVITÉ ET EXPÉRIENCE EN QUARTIERS POPULAIRES
Animé par LOUIS JESU (docteur en sociologie, Mairie de Saint-Ouen) Avec RAMSÈS KEFI (journaliste), VINCE (artiste-muraliste), MARJOLAINE PEUZIN (actrice associative et danseuse hip-hop), JAMEL FEDDA (ENPJJ) et RÉMIZUKA (artiste rap, consultant)
DYNAMIQUES INTERGÉNÉRATIONNELLES ET RAPPORT DE GENRE : TRANSMISSIONS, ÉDUCATION, CONFLITS
Par Solo - Avec SAMI ZEGNANI (U. Paris 8) et ULYSSE RABATÉ (U. Rennes 1)
CONCLUSION
04 avec AZAM + NMF
CONCERT

ÉCRITURES ET RÉCITS : CRÉATIVITÉ ET EXPÉRIENCE EN QUARTIERS POPULAIRES © Vinci Vince

SÉRIES, CINÉMA : LES QUARTIER COMME LIEU DE CIRCULATION DYNAMIQUE DES CULTURES POPULAIRES © Vinci Vince

ÉCRITURES ET RÉCITS : CRÉATIVITÉ ET EXPÉRIENCE EN QUARTIERS POPULAIRES © Vinci Vince

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