Journées d’accélération de l’ICCARE-LAB Transition #2
12.06.2026
12 juin > Paris, Gaîté Lyrique et 13 juin > Musée de la Chasse et de la Nature
Cette journée d’étude a pour objectif de comprendre si et comment les ICC se réorganisent pour tenir compte des impératifs écologiques – autant en termes d’adaptation que d’atténuation – tout en continuant à remplir leurs missions, à produire des communs et à promouvoir l’intérêt général.
Les trois axes des Journées d’accélération
Dans le cadre de ces Journées d’accélération, trois axes seront développés, faisant chacun l’objet du présent appel à communications.
- 1er axe : Évolution des politiques publiques, métiers et gouvernances
Dans la perspective d’une pérennisation ou du déploiement à plus grande échelle des politiques publiques, les procédés de mesure et d'évaluation des expérimentations manquent encore. La logique comptable du bilan carbone n’est qu’un point de départ, et d’autres dimensions peuvent être explorées : audit de gouvernance tournée vers la prise en compte de l’empreinte écologique, mesure des effets symboliques des politiques publiques, mise en place d’une comptabilité triple empreinte, diagnostic de renoncement… Pour les politiques publiques, il convient de trouver des manières d’évaluer à la fois l’éco-conditionnalité des aides (impact réel ou maquillage comptable, voire effet d’aubaine), les cadres méthodologiques et référentiels, ainsi que le taux de diffusion des innovations (particulièrement en direction des petites structures, moins dotées et moins accompagnées). A l’échelon territorial en particulier, il s’agit aussi d’évaluer la mise en place efficiente d’une écologie industrielle territoriale, et la robustesse des réseaux d’acteurs et des services publics. Une fois le bilan fait, comment esquisser les axes d’un développement futur de ces politiques publiques : décélération négociée et assumée, appels à projets liant artistes et scientifiques, études d’impact tenant compte de toutes les limites planétaires, gestion (voire transformation) des communs négatifs (MONNIN, 2023), prise en compte des co-bénéfices et de la notion de soin…? Cet axe pourra inclure plus largement les enjeux de gouvernance et de politiques publiques, mais aussi de métiers, compétences et formations, en lien avec la redirection écologique du secteur culturel.
- 2ème axe : Évolution des formes, contenus et ingénieries artistiques et de création en anthropocène
Les œuvres évoluent du point de vue de leur contenu (art écologique) (GLICENSTEIN, 2022 ; MARTÍNEZ, PETHICK, WHAT, HOW & FOR WHOM, 2022). La création artistique écologique comporte parfois aussi une évolution des conditions dans lesquelles les œuvres sont produites (CHIEZE-WATTINNE, SCHALL, 2025). Les formes sont de plus en plus hybrides et interdisciplinaires (AÏT-TOUATI, 2011), et les artistes développent des complicités avec des personnes situées en-dehors du champ des disciplines traditionnellement considérées comme artistiques (FOURMENTRAUX, 2022). Ces approches modifient la position de l’artiste au sein du processus artistique, l'auctorialité, voire interroge des dogmes comme l’unicité de l'œuvre ou sa conservation pour le futur. Elles révèlent aussi de nouvelles sociabilités, de nouveaux réseaux d’échange et de coopération voire de connivences (BARTOLI, GOSSELIN, 2022). Des acteur⸱ices des champs qui ne sont pas à priori artistiques – design, recherche… – sont associé⸱es à la production de l'œuvre (DINHUT, POTTE-BONNEVILLE, 2025). Au-delà de ces questionnements qui tiennent aux modalités de la création artistique, se dessine une réflexion philosophique ou anthropologique sur les artistes comme médiateur⸱ices d’une nouvelle sensibilité, au monde en général et au vivant en particulier (ZHONG MENGUAL, 2021 ; PALAIS DE TOKYO, 2022 ; MORIZOT, 2025).
- 3ème axe : Développement de nouvelles alliances et coopérations
Sur la base de concernements communs (LATOUR, 2017), les ICC bâtissent de nouvelles alliances qui peuvent les rendre plus robustes (HAMANT, 2023), en sortant des rapports de mise en concurrence et des logiques d’exclusivité pour développer de nouvelles cultures de coopération. Ces nouvelles alliances pourraient se trouver aux seins des ICC mêmes : décloisonnement, mises en commun des bonnes pratiques, diffusion des savoirs et savoir-faire, organisation raisonnée des tournées, programmation en réseau, circularité, partage d’usage remplaçant les logiques de propriété exclusive, etc (BARTOLI, GOSSELIN, 2022). Les alliances concernent également les partenaires extérieurs au secteur culturel. Elles se nouent d’abord avec les territoires, au niveau tant des collectivités territoriales que des bassins de vie reconfigurés par la sortie de crise sanitaire (COLLET, DELAGE et ROUSSEAU, 2023), dans un nouveau lien aux populations qui implique un autre rapport aux publics et communautés (LE BRUN-CORDIER, 2021) ou la coprogrammation sur le modèle de ce qu’ont expérimenté Les Nouveaux Commanditaires. Ces dynamiques jouent alors un rôle dans le renouveau des outils démocratiques (ZASK, 2016) et dans le tissage urbain-rural (ANSELME, ARLET et BENICHOU, 2019), notamment avec le monde agricole (PRUVOST, 2012). Ces nouvelles alliances se pensent ensuite avec les non-humains, dans une démarche attentive aux interdépendances entre pratiques culturelles, vivant⸱es et territoires physiques (SERMON, 2021). Elles passent également par des coopérations avec les chercheur⸱euses (des sciences de l’ingénieur, du vivant et des SHS, informatique et numérique, design…). La recherche peut mettre en évidence des co-bénéfices aux politiques culturelles, notamment en termes de santé, ou guider l’action publique vers un meilleur équilibre entre enjeux environnementaux et sociaux (CITTON, 2014). Les alliances, enfin, se font avec les marges, engagées de par leur position dans des démarches de sobriété et d’adaptabilité, et porteuses à ce titre d’expérimentations fertiles (ex. : tiers-lieux). A ce titre, les concernements communs restent à trouver entre le secteur culturel et les personnes qui, par leur position socio-économique, se trouvent éloignées à la fois de la culture et des débats sur la prise en compte collective du dérèglement climatique (GINSBURGER, 2020), alors qu’elles sont porteuses de savoirs vernaculaires qui peuvent constituer autant d’approches localement adaptées et pertinentes (COMBY et MALIER, 2021 ; COULANGEON, DEMOLI, GINSBURGER et PETEV, 2023).
© Samuel Bollendorff
INSCRIPTION
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Le secteur Transition représenté par LUCIE MARINIER (Cnam) a le plaisir de vous inviter à la journée d'accélération
Franchir un seuil : quelle nouvelle étape pour la redirection écologique du secteur culturel ?
12 JUIN 2026 (13h30-19h30)
GAITÉ LYRIQUE (3bis Rue Papin, 75003 Paris)
13 JUIN 2026 (9h-19h30)
MUSÉE DE LA CHASSE ET DE LA NATURE (62 rue des Archives, 75003 Paris)
Inscription
Réponse souhaitée avant le 27 mai 2026
Programme
- État de l’art de la transition écologique du secteur culturel avec les interventions de LAURENCE PERILLAT (Les Augures), DIEGO LANDIVAR (Origens Media Lab), SAMUEL BOLLENDORFF (artiste)
- Table-ronde « Comment dépasser une logique d’adaptation pour engager une véritable redirection écologique des politiques culturelles ? » animée par ANNE BESSETTE (CERLIS)
- Keynote et rendu d’atelier design fiction
- Intermèdes sonores
- Cocktail dinatoire
- Table-ronde « Création, pratiques artistiques et habilité terrestre » animée par LUCIE MARINIER (Cnam, LIRSA)
- Table-ronde « Le numérique, accélérateur ou frein à une culture régénérative » animée par JEAN-FRANCOIS JEGO (Université Paris 8, INREV)
- Déjeuner
- Keynotes et communications chercheurs
- Clôture de la journée avec une performance théâtrale