Prendre soin. Penser, figurer et créer les expériences du “care”

Journées d'accélération

02.10.2025 – 03.10.2025

start 8:30

Marseille, Centre de la Vieille Charité

Ces deux journées d’accélération ont réuni une soixantaine de personnes : artistes, chercheurs, enseignants, professionnels du champ médico-social et des ICC, usagers des lieux de soin pour discuter des enjeux et modalités du care. ICCARE s’est associé pour cela au Centre de recherche-création sur les mondes sociaux (Cirec), un groupement de chercheurs et d'artistes qui vise à fédérer, soutenir et promouvoir les travaux qui articulent sciences et arts pour éclairer les réalités sociales. De très belles interrelations ont rythmé ces journées et de nombreuses formes de recherche et de création ont été convoquées, partagées et discutées : le film et la vidéo, la photographie et le podcast, la création littéraire et la performance, le fanzine et même l’ikebana (art traditionnel japonais basé sur la composition florale). Nous avons appris et pratiqué ensemble la méditation, l’impression en risographie. Nous avons appris et écouté ensemble des récits de vie traversés par la souffrance. Nous avons appris et partagé ensemble des outils et formes de résistances – résistance et lutte face à la précarisation, à l’invisibilisation, aux violences systémiques qui traversent les parcours de soin ; contre les injonctions (au validisme, à la neutralité, au conformisme) et les postures qu’elles produisent et qui structurent souvent nos métiers et nos prises de parole. Dans cet espace-temps sécurisant, nous avons pu livrer un peu de nos intimités, de nos ambivalences et de nos failles pour penser la manière dont elles fondent notre être au monde, mais aussi notre capacité à agir et à prendre soin. Nous avons partagé l’envers de nos vies professionnelles, la fabrique de nos productions et de nos gestes (qu’ils soient académiques, artistiques ou de soins) et nos impressions face aux présentations en cours. En récoltant des images (dessins, photographies, captures d’écran) et des mots (notes, extraits de communication, pensées), nous avons pu composer collectivement un fanzine, trace sensible du temps partagé. La richesse de ces journées tenait au fait de pouvoir entendre, sur des temps longs, des personnes et des voix qui sont habituellement tenues éloignées des espaces académiques et artistiques (travailleurs et travailleuses du champ médico-social, personnes en situation de handicap et neurodiverses, malades, etc.). Les raisons de cet éloignement sont multiples et nous avons eu l’occasion d’y revenir tout au long des échanges. L’une d’entre elles réside dans notre capacité à créer (ou non) les conditions matérielles d’un accueil adapté. Aussi, nous avons porté une attention toute particulière à l’hospitalité et au confort de tous et toutes en tâchant de répondre aux besoins spécifiques des intervenants et intervenantes et du public. Nous avons installé une zone de détente depuis laquelle il était possible d’assister aux journées depuis un fauteuil, un pouf ou un canapé avec rediffusion live et écoute individuelle au casque. Les équipes organisatrices sont aussi restées disponibles pour toute aide à la mobilité et ont ainsi accompagné les déplacements, à toute heure, vers et à partir de la Vieille Charité. Ces rencontres nous ont montré qu’il était possible de repérer les oppressions systémiques et les violences structurelles, d’y être attentifs ensemble, pour mieux les prévenir et les déjouer.

LA PROJECTION ET LA PERFORMANCE
Dans ma voix, d’autres voix de No Anger (vidéo, 49 min.)
À travers une esthétique qui mêle poésie visuelle et narration sonore, Dans ma voix, d'autres voix met en lumière les multiples expériences et vécus de l’artiste tout en créant un espace où les récits de personnes handicapées croisent d'autres luttes, célébrant la diversité des voix et leur capacité à interroger les normes sociales.
La mise en dialogue entre NO ANGER (chercheur·x en sciences politiques, artiste, auteur·x du blog À mon geste défendant) et JULIEN RIBEIRO (curateur·x et enseignant·x en théorie de l’art à l’ESAAA) permettra de réfléchir à la place des minorités, aux savoirs “silenciés” et à la maladie comme partenaire, notamment dans les processus de création artistique.

Cérémonie méta-Ikebana par JEAN-PAUL THIBEAU (artiste intermédia)
MOMENT DE PARTAGE
Avec OLIVIA GAY (photographe, docteure en art et autrice), CHIARA GIORDANO (Université libre de Bruxelles et réalisatrice) et ÉMILIE BALTEAU (réalisatrice et sociologue)
REPRÉSENTER LES PROFESSIONNELS DU SOIN, PARER L’INVISIBILISATION
Animées par EMMANUELLE CORNE (Fondation Maison des sciences de l’homme - FMSH) et CHRISTINE FAURE (ancienne directrice de l’Association d’aide aux mères et aux familles à domicile – AMFD)
DISCUSSIONS COLLECTIVES
Atelier participatif sur les écritures alternatives avec MAGALI AVEZOU (Archipelago) et LAURENCE BIZIEN (ENSA Nantes)
Atelier Livres sensibles : Éditer, une pratique alternative d’écriture — Édition d'un fanzine
RESTITUTION DE L’ATELIER ÉDITION
Avec ANNE GUÉRAIN (artiste en résidence Centre d'art à l'EHPAD Les Blés d'Or–LBO), MARIA LANDGRAF (artiste plasticienne-performeuse, LBO), ALEJANDRA RIERA (artiste et cinéaste, ENSAPC) et MATHILDE SAUZET-MATTEI (critique d'art, curatrice et éditrice, ESAAA)
REPENSER NOS INSTITUTIONS : SOINS, ARTS, PÉDAGOGIES
Avec AMÉLIE LAVIN (Musée Cantini, Marseille) et SYLVIA GIREL (AMU)
SYNTHÈSE ET ÉCHANGES
Espace détente et accessibilité (Zone calme avec retransmission & casques à disposition)

Cérémonie méta-Ikébana
Ikebana (生け花) traduit par “l’art de faire vivre les fleurs” est un art traditionnel Japonais basé sur la composition florale. JEAN-PAUL THIBEAU (artiste intermédia et enseignant-chercheur) propose d’élargir la notion d’Ikébana à nos pensées, nos corps, à la manière que nous avons d’aménager notre maison ou d’arranger un plat. Cette cérémonie qui requiert attention et conscience du temps et de l’espace présents est conçue comme une manière active et collective de méditer et prendre soin de nos mondes.

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